Entre Ecaillon et Emerchicourt, des rencontres pour changer le regard des enfants sur le handicap

 Jeudi dernier, les résidents de l’IME sont venus au centre aéré. Ce jeudi, les visités deviennent visiteurs.  Le centre de loisirs sans hébergement (CLSH) occupe 120 enfants de 3 à 17 ans jusqu’au 24 juillet. Jeudi, des résidents de l’Institut médico-éducatif d’Émerchicourt (IME) leur ont rendu visite.

« Par le passé, j’ai vécu une rencontre entre jeunes handicapés en fauteuil roulant et leurs camarades valides. Ces derniers avaient des difficultés à se repérer lorsqu’ils ont pris la place des premiers », raconte Christelle Bajeux, directrice du centre de loisirs sans hébergement (CLSH).

Elle revient sur les raisons qui l’ont poussée à favoriser les échanges avec des pensionnaires de l’IME : « Un acte citoyen destiné à promouvoir le bien vivre ensemble malgré les différences. » Jeudi après-midi, une dizaine de jeunes de 10 à 12 ans, déficients intellectuels ou présentant un trouble du développement, ont partagé jeux et goûter au centre social Jean-Moulin. « Il est important qu’ils sortent de leur cadre habituel », argumente Stéphane Basquin, un éducateur de l’IME à l’initiative de la rencontre.

Alain, 14 ans, s’exprime difficilement mais dans son regard, on voit le plaisir de s’être fait des nouveaux copains. Karla, 11 ans, fidèle du centre aéré avoue d’un ton presque protecteur : « Je n’ai rien remarqué pendant le jeu de la balle au prisonnier. » « Ils ont une maladie ? », s’inquiète un garçonnet. Des questions sur l’école, l’internat, la vie quotidienne à l’IME ont alimenté les discussions.

Les réponses trouveront un prolongement ce jeudi. Les jeunes Écaillonnais passeront une demi-journée à Émerchicourt. Le parc servira de terrain de jeu à des olympiades et le soir barbecue avec tous les résidents suivi d’une veillée avant de passer la nuit dans l’institut. Une façon de changer le regard sur le handicap.