Ils prennent un nouveau départ dans le potager géant d'Écaillon solidarité insertion

Remettre le pied à l’étrier à des personnes en situation précaire, c’est le pari d’Écaillon solidarité insertion (ESI) qui exploite, entre autres, un potager géant d’environ 2 500 m2 dont la production est destinée à la vente aux particuliers.

Des oignons à 1,50 € la botte, des courgettes à 0,50 € l’unité, trois kilos de pommes de terre pour 3 € ou des carottes à 1,50 € le kilo. Le tableau abrité sous l’auvent transformé en échoppe aligne la liste des légumes cultivés juste derrière et vendus chaque jeudi au siège de l’Écaillon insertion solidarité (EIS). « Tout est bio. C’est du producteur au consommateur », insiste Vanessa Delville, la dynamique référente technique de l’association qui emploie dix-huit personnes âgées de 18 à 53 ans en contrat d’insertion de vingt-quatre mois maximum.

Un coup de pouce des Jardiniers d’Émerchicourt

Des jardiniers transformés aussi en paysagistes chargés d’entretenir les parcs et jardins des communes partenaires qui financent EIS (Auberchicourt, Aniche, Écaillon, Masny et Monchecourt). L’association reçoit aussi des subventions du conseil général et de l’État souvent versées avec du retard, obligeant les responsables à une gestion serrée.

Dans ce contexte, le coup de pouce de l’association Les Jardiniers d’Émerchicourt tombe à pic. Elle fournit à EIS des graines au prix de gros par le canal Les Jardins pour les autres dont elle membre. « Un sachet vendu à 1,60 € dans le commerce est rétrocédé à 1 € », expliquent en chœur Éliane Hommerin, la présidente et Jean-Paul Tison le trésorier venus offrir trois cents kilos de plants de pommes de terre et un figuier.

De quoi enrichir une surface particulièrement soignée par les allocataires employés vingt-six heures par semaine sur la base du SMIG et premiers bénéficiaires des récoltes. « La priorité est aux personnes à revenus modestes. Nous avons aussi des personnes âgées intéressées par la proximité mais tout le monde peut venir », confie Vanessa Delville, heureuse d’accueillir les élèves des écoles de la commune. « Nous leur avons aménagé un jardin pédagogique qu’ils cultivent avec beaucoup de soin. C’est génial à voir. » La meilleure des leçons pour apprivoiser la recette des cinq fruits et légumes par jour.

EIS, 8 allée J, cité des arbrisseaux à Écaillon. Tél. : 03 27 91 56 73. Vente le jeudi de 8 h 30 à 12 h.

Rolande Lebel : « Se lever chaque matin avec un objectif pour la journée »

Rolande Lebel en contrat d’insertion jusqu’en mars 2016 chez EIS a retrouvé dignité et estime de soi en se sentant utile à la collectivité. À 53 ans, elle aspire à un nouveau départ dans la vie.

– Quel a été votre parcours ?

« J’ai longtemps travaillé dans la restauration rapide mais les contraintes d’horaires ne me convenaient pas. J’ai négocié une rupture conventionnelle avec mon employeur et je me suis inscrite à Pôle emploi. »

– Comment avez-vous atterri à EIS ?

« Par le biais de ma référente au Pôle emploi de Somain qui a parfaitement ciblé mes motivations : la cuisine et la terre. Bien que domiciliée à Auberchicourt, je ne connaissais pas cette structure. Cela a été une découverte en même temps qu’une révélation de mon potentiel. Ici, je m’occupe aussi bien de la production des légumes que de la vente et du fleurissement dans les communes. En 2014, j’ai même participé à un reportage sur TF1 traitant de l’insertion. »

– Comment voyez-vous votre avenir ?

« Grâce à un stage d’immersion dans une grande serre à Aniche, j’ai décroché un emploi saisonnier. Je vais postuler à la fin de mon contrat d’insertion. Sinon j’aimerais rester ici où j’ai mes repères. Il n’y a rien de tel que de se lever chaque matin avec un objectif pour la journée. »